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oiseau malheur tremblay

Crédit photo : Annie Tremblay

Oiseau de malheur
Annie Tremblay

Exposition du 2 avril au 9 mai 2026
Vernissage le jeudi 2 avril

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Oiseau de malheur
Annie Tremblay

Femme-oiseau, femme-proie, 

exposition d’un malheur annoncé

Je me sens sauvage et grégaire. Je suis très bien seule, mais me sens faire partie d’une murmuration. Petite, mais qui allons toutes dans le même sens, essayant de voler en accord avec qui nous sommes et ce que nous sommes. Obligée de changer rapidement de direction pour assurer notre protection, notre survie. Tout semble très beau de l’extérieur, un harmonieux ballet, mais l’urgence est intérieure, d’un équilibre fragile.

Un sentiment d’urgence constant, un désir de protection, une union sororale qui ne tient qu’à un fil, un viol, un féminicide.

Tel un oiseau de proie la vie d’une femme est remplie d’œufs, d’entrailles et de sang. Telle une proie nous sommes considérées.

Femme-oiseau, femme-entrailles, toujours épiée, une oiselle annonçant le malheur, comme une proie, toujours exposée.

Les mots de mes dessins sont une structure, une trame de fond, une tapisserie. Un décor dans lequel les femmes vivent. Elles disparaissent dans cette multiplicité qui se cache à l’œil. Cette multiplicité du nombre devient normale et s’érige en façade. Nous sommes prises par le décor, la tapisserie, la trame derrière la femme. L’ensemble devient normalité. Les mots subliment, coulent, faciles et naturels. Des mots durs et difficiles à voir et entendre. Des mots difficiles à vivre, qui ne devraient pas être utilisés, mais qui sont le quotidien.

Des mots pour nous interpeller et qui supposément nous décrivent, nous appellent, nous reviennent et nous appartiennent.

La série Oiseau de malheur a comme thématique l’urgence et l’invisibilité. Une urgence personnelle de la lutte aux phénomènes structurels et historiques de la misogynie. Alliant les arts d’impression, le dessin et les zines, les œuvres explorent le paradoxe de la vie des femmes : l’harmonie apparente d’une murmuration collective qui cache une urgence intérieure constante et un équilibre fragile.


Native du Saguenay et diplômée du programme Interdisciplinaire en Arts Visuels de l’Université du Québec à Chicoutimi, Annie Tremblay vit et poursuit sa carrière à Montréal depuis 1995. Sa pratique se distingue par une production abondante, presque obsessionnelle, où elle explore le concept de la multitude au travers d'une grande diversité de médiums, incluant la peinture, le dessin, le collage, la photographie et la broderie.

Dans ses projets récents, son travail prend une dimension de "réclamation" historique et environnementale. Son approche est celle d'une restauration : chaque œuvre, qu'il s'agisse d'un dessin ou d'un zine relié à la main, devient un acte de suture face aux millénaires de silence et de misogynie.

Annie Tremblay utilise la répétition et l'accumulation non comme une fin en soi, mais comme une stratégie pour rendre visible la trame narrative personnelle et collective. Son art agit comme un pont entre la conservation et l'éthique de la récupération, invitant à une solidarité sororale où la multiplicité devient une force de survie.


Oiseau de malheur
Annie Tremblay

From April 2 to May 9, 2026
Opening on Thursday, April 2

Bird-woman, prey-woman 

an exhibition of ill omen

I feel at once feral and gregarious. I enjoy my solitude, but am also part of a murmuration. It is a small one, but it follows the trajectory of the flock, as we try to fly in accordance with who and what we are; forced to rapidly change direction to fight for our protection, our survival. Ours is a harmonious ballet, beautiful on the outside, but hiding an inner urgency, a fragile balance.

We live in a constant sense of urgency and desire for safety, a sisterhood that can be shattered with a single word, a single rape, a single femicide.  

Like birds of prey, the lives of women are filled with eggs, guts, and blood; and yet they are the ones treated like prey. 

Part bird, part guts, always watched; like a bird of ill omen, an ever-exposed prey.

The words featured in my drawings form a structure, a backdrop, a tapestry. They are the landscape in which women live. Here, they disappear within a multitude, hidden in plain sight. There is normalcy in numbers, like a façade. We are caught in the backdrop, woven in the weft of womankind. The whole becomes the norm. Words sublimate, flow, both easy and familiar; words that are hard to swallow, see and hear; harsh words that should never be uttered, and yet have become commonplace.

These words are used to call us out; words that supposedly describe us, name us; words that come back and belong to us.

Oiseau de malheur [a bird of ill omen] is a series of works dealing with themes like invisibility and urgency; more specifically a personal urgency regarding the fight against misogyny as a structural and historical phenomenon. Paired with print, drawing and zines, they explore the paradox at the heart of women’s lives: the apparent harmony of a collective murmuration that hides its own constant inner urgency and fragile balance.


A native of Saguenay and graduate of the interdisciplinary visual arts program of Université du Québec à Chicoutimi, Annie Tremblay has been living and pursuing her career in Montréal since 1995. Her art practice stands out by her prolific, almost obsessive production, in which she explores the concept of multitudes through a wide variety of media, including painting, drawing, collage, photography and embroidery.

Her recent projects have taken on a new “reclamative” dimension regarding historical and environmental issues. Here approach is now based on a form of restoration, in which each work, whether a drawing or a handmade zine, becomes one more suture, one more attempt at mending millennia of silence and misogyny.

Annie Tremblay uses repetition and accumulation, not as ends in themselves, but as strategies to reveal personal and collective narratives. Her art acts as a bridge between conservation and the ethics of reuse, inviting a sororal solidarity where multiplicity can become a force for survival.


Mots-clés: Exposition,, Arts visuels,, Arprim,, Arts imprimés

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