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Crédit photo : Mia Chalbos

9 rue du Loup-Pendu
Mia Chalbos

Exposition du 10 septembre au 24 octobre 2026
Vernissage le jeudi 10 septembre 2026

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9 rue du Loup-Pendu
Mia Chalbos

Une maison-chantier. Adresse-mirage; souvenir fabriqué. Tressaillement dans un monde effondré. 

Au 9 rue du Loup-Pendu, les traces énigmatiques d’un imaginaire familial se tordent et se distendent au contact du réel. On y entrevoit les archives, vestiges et fossiles d’une vie passée; les failles, fondations et squelettes d’une présence à venir. Une maison-chantier qui se dresse péniblement au milieu de structures excavées, d’intérieurs mis à nu et de manœuvres figées. Elle tente tant bien que mal d’exister, écartelée par l’ambivalence de sa raison d’être. 

Empruntant aux domaines des sciences historiques, de la construction, de la science-fiction féministe et de la mise en scène, Mia Chalbos élabore à Arprim une installation inspirée d’un lieu où aurait vraisemblablement vécu sa mère avant sa naissance. Elle tente, en vain, d’esquisser les contours d’une forme évanescente et bancale : un bogue systématique nourrit par la constellation d’endroits emblématiques ayant marqué son histoire personnelle. Ancré dans l’univers post-androcène d’une paléontologue dont les activités sont tout aussi ambigües, l’assemblage porte une multitude d’espaces et de temporalités qui ne pourraient coexister qu’au 9 rue du Loup-Pendu. Un domicile inoccupé, un atelier indéterminé, un site à ratisser, un chantier désert, un portail, un leurre, un fantôme.  

À la manière d’une généalogie expérimentale, entre la vie de l’artiste et celle de son alter-ego pseudo-scientifique, l’installation explore le concept de maison et sa complexité inhérente, bien au-delà de son architecture. Elle invite à réfléchir à l’idée du chez-soi, à nos modes de vie et à nos manières d’habiter et de fabriquer le monde. Ses matériaux renferment des secrets bien gardés – ceux-là mêmes que l’environnement construit s’évertue à occulter – et nous presse à s’intéresser aux impacts de l’activité humaine et aux devenirs matériels. Puisant dans sa collection personnelle d’objets trouvés et de matières recyclées, Mia enchevêtre matériaux de construction, processus écoresponsables, arts imprimés, céramique et textile. L’assemblage alambiqué qui en résulte se déploie sous la forme d’un parcours où chacune des œuvres nous incite à en hypothétiser les usages, entre fouille archéologique, exercice autobiographique et opération théâtrale.

Un lieu à revitaliser, réparer, échantillonner, décontaminer, enfouir. Un lieu façonné par l’hybridité, où le vivant et le construit fusionnent et donnent lieu à de nouveaux états de matière. À travers une approche féministe, Mia déploie une domesticité soustraite de la dichotomie binaire et des archétypes du foyer. Elle amalgame l’espace domestique et l’espace urbain, qu’elle envisage à la lumière des bouleversements environnementaux et sociaux actuels, ainsi que les processus de dégradation et les pratiques de conservation. Des ossatures partielles inspirées des géométries observées sur les chantiers de construction dialoguent avec des images fossilisées, vestiges de photos de famille et portails vers des mondes insaisissables – révolus, parallèles, futurs? Dans cet espace équivoque, parsemé d’indices dont la crédibilité vacille dès que l’on tente de les décoder, une certitude affleure néanmoins : nul ne sait où se trouve la paléontologue. 

Texte d’exposition de Maude Johnson


Mia Chalbos est une artiste multidisciplinaire franco-canadienne qui réside à Montréal (Tiohtià:ke). Après une hypokhâgne littéraire à Paris, elle gradue de l’École des Arts de la Sorbonne, où elle participe à un échange bilatéral au sein du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. En 2024-2025, grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, Mia développe une recherche qui articule science, théâtralité et théories féministes. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions collectives, dans le cadre de projets déployés par Agrégat, Céline Bureau, Bois Magique et la Galerie Erga. À Arprim, il s’agit de sa première exposition individuelle.


Maude Johnson est autrice, commissaire et consultante en art contemporain. Originaire de Rimouski, elle vit entre les montagnes et l’océan de la Colombie-Britannique sur le territoire ancestral non-cédé de la nation Skwxwú7mesh (Squamish). Dans ses projets d’écriture et de commissariat, elle s’intéresse notamment aux pratiques performatives, aux explorations matérielles et aux interconnexions entre nature et culture. La proximité avec le territoire contribue à façonner sa manière d’aborder les arts visuels, influençant son approche de l’écriture et du commissariat d’exposition, ainsi que son engagement envers la matérialité.


9 rue du Loup-Pendu
Mia Chalbos

Exhibition from September 10 to au October 24, 2026
Opening Thursday September 10th, 2026

A house-construction-site. A phantom address; a made-up memory. A twitch in a world in ruins.

At 9 Hanged-Wolf Lane, the enigmatic traces of a familial fantasy twist and swell as they make contact with reality. Glimpses of a past life’s archives, vestiges and fossils; hints of a future presence’s flaws, foundations and skeletons. A house, or a construction site, or both, arduously rising out of excavated structures, bare interiors and maneuvers frozen in time; trying to exist as best it can but torn by its ambivalent purpose.

Borrowing from historical sciences, construction, feminist sci-fi and theatrical staging, Mia Chalbos created for Arprim an installation inspired by a place where her mother apparently lived before she was born. The artist tries, in vain, to sketch the outlines of an unstable and fleeting form: a systematic glitch feeding on a constellation of emblematic locales that have shaped her personal story. Set in the post-androcene world of a paleontologist whose activities are just as ambiguous, this assemblage holds a multitude of spaces and temporalities that could only exist at 9 Hanged-Wolf Lane. A vacant home, an undetermined workspace, a site to excavate, a deserted yard, a portal, a lure, a ghost.

Like an experimental genealogy, between the artist’s life and that of her pseudo-scientific alter ego, the installation explores the inherent complexity of the house as a concept, well beyond architecture. With this, it invites reflections on the idea of home, our lifestyles, and the way we inhabit and craft the world. Her materials harbour well-kept secrets—the same secrets the built environment strives to conceal—and urge us to direct our attention to the impacts of human activity and to material becomings. Drawing from her personal collection of found objects and recycled matter, Mia weaves together construction materials, eco-friendly processes, print, ceramics and textiles. The resulting convoluted assemblage unfolds as a pathway where each piece invites speculation on its uses, between an archeological survey, an autobiographical exercise, and a theatrical operation.

This is a place to revitalize, to repair, to survey, to decontaminate, to bury; a place moulded by hybridity, where the living world and the built environment merge to yield new states of matter. Through a feminist approach, Mia gives shape to a domesticity freed from the binary dichotomies of household archetypes. She amalgamates domestic and urban spaces, which she considers through the lens of contemporary environmental and social crises, with various processes of degradation and conservation practices. Partial frames inspired by geometries observed on construction sites interact with fossilized images, relics of family photographs and gateways to elusive—bygone, parallel or future—realities. In these uncertain spaces, littered with clues whose credibility wavers the moment one attempts to decode them, only one truth remains: no one knows where the paleontologist is. 

Exhibition text by Maude Johnson


Mia Chalbos is a Franco-Canadian multidisciplinary artist living in Montréal (Tiohtià:ke). After completing a literary preparatory program (hypokhâgne) in Paris, she graduated from the École des Arts de la Sorbonne, where she took part in a bilateral exchange program as part of UQAM’s Bachelor of Visual and Media Arts. In 2024–2025, thanks to a grant from the Canada Council for the Arts, Mia developed a research process that combines science, theatre and feminist theory. Her work has been showcased in many group exhibitions as part of projects spearheaded by Agrégat, Céline Bureau, Bois Magique and Galerie Erga. 9 rue du Loup-Pendu in Arprim will be her first solo exhibition. 


Maude Johnson is an author, curator and contemporary art consultant. Born in Rimouski, she has been living between the ocean and the mountains of British-Colombia on the unceded ancestral land of the Skwxwú7mesh (Squamish) nation. Her writing and curating projects revolve around performative practices, material explorations, and the interconnections between nature and culture. Her proximity to the land contributes in shaping the way she considers visual arts, influencing both her curatorial and writing approach, as well as her commitment to materiality.


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